bayard

          4ème de couv.

Multipliant les énigmes, les fausses pistes, les trompe-l'œil, il construit une intrigue qui prend racine dans la vie et les œuvres d'Edgar Poe, au suspense constant et au final étourdissant. 1830. Landor est un vétéran de la police de New York, désormais à la retraite. Personnage complexe, usé par les années de service et des tragédies personnelles, il répond à l'appel des autorités de l'académie voisine de West Point lorsque la dépouille d'un élève officier, retrouvé pendu, est atrocement profanée.
Landor accepte de mener l'enquête et prend pour assistant un élève de West Point sombre et tourmenté, nommé Edgar Poe. C'est le début d'un terrible voyage au cœur des ténèbres pour les deux hommes qui, lancés sur la piste d'un tueur aussi terrifiant que machiavélique, devront affronter leurs propres démons, alors que l'académie entière est prête à basculer dans la folie. Tandis que les cadavres se multiplient, Landor et Poe pénètrent les arcanes mystérieux de West Point, entre sociétés secrètes et sacrifices rituels, jusqu'à une conclusion aussi stupéfiante qu'imprévisible.

          Première phrase.

"Dans deux ou trois heures... il était difficile de savoir... Disons que dans quatre heures au maximum... je serai mort."

          Citation.

"Jasper Magoon rugit si fort qu'il toussa un doigt de gin, son rire gagna le batelier qui le projeta à l'autre bout de la salle, où le révérend Asher Lippard s'en empara et le redistribua autour de lui, du palefrenier au livreur. La ferraille au plafond et le sol dallé se mirent à résonner, l'hilarité grossit jusqu'à tisser une toile dans laquelle un seul fil jurait, un rire aigu maigre et flottant qui traversait les autres comme le glouglou d'une dinde affamée. Il me fallut un certain temps pour comprendre que c'était le mien."

         Lilly's feeling.

Le suspense est à son comble dans ce polar, qui n'est pas angoissant mais plein de mystère et mené d'une main de maître. Le style de Louis Bayard est impeccable, sans en dire trop, il mène son lecteur par le bout du nez jusqu'à la dernière page. Et on ne peut s'empeché de reprendre le livre et de relire certains passages pour vérifier les dires de l'auteur, et comprendre que l'on s'est fait berner. Grisant!

L'enquête est menée par le jeune Edgard Allan Poe, en cadet de West Point, qui n'a pas encore franchement découvert son don même si sa carrière commence à se profiler à l'horizon. L'époque de même que l'atmosphère de l'académie militaire sont très bien retranscrites; le lecteur suit Edgar Allan Poe et Landor à travers ses couloirs, ses chambres, ses rythmes, ses rituels. La rigueur académique est bouleversée par cette menace invisible qui chamboule tout le système établit. Par moment le lecteur aura même l'impression de se retrouver dans un des romans de Conan Doyle.

Le récit est construit sur deux plans, les rapports d'Edgard et le récit du narrateur. Les indices, les supositions et les fausses pistes se multiplient, pendant que le lecteur découvre progressivement l'intimité des deux enqêteurs avec leurs doutes et leurs problèmes personnels.

Quoi dire de plus sans se mordre la langue et dévoiler une part de l'intrigue?... C'est un récit prenant que le lecteur ne lâchera qu'à contre-coeur, et la fin est hallucinante. Personne ne la voit venir.

          En bref.

Un polar comme je les aime, dans lequel, arrivé à la fin le lecteur comprend qu'il s'est fait manipulé. A conseiller à tous les amateurs du genre. J'ai hâte de lire son autre roman "la tour noire".

          D'autres avis: Babelio.

          Note      étoileétoileétoileétoileétoileétoileétoileétoile

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge organisé par Calypso "Un mot, des titres". Voici le compte-rendu de cette première session.

Un-mot-des-titres

 

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